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Dans les coulisses d’Ecologic, filière de recyclage des DEEE

J’ai trois fois la même lettre dans mon nom, je peux être de différentes formes mais  je fonctionne toujours grâce à des courants électriques (sur le secteur ou sur pile/batterie). Qui suis-je ? Un DEEE (Déchet d’Équipements Électriques et Électroniques) bien sûr ! Bravo, vous avez parfaitement répondu à l’énigme du Père Fourras. Vous pouvez donc passer à l’étape suivante : celle de découvrir toute la filière de collecte et de recyclage de ces appareils. Nous avons rencontré Ludovic Degand, directeur du développement chez Ecologic, éco-organisme qui a collecté 83 000 tonnes de DEEE en 2014.

 

Bonjour Ludovic. Merci de nous accorder cette interview. Qu’est-ce que Ecologic ?

C’est un éco-organisme agréé par l’Etat pour assurer la gestion des DEEE issus des ménages et des entreprises sur le territoire français, pour le compte des producteurs d’équipements électriques et électroniques. Ces derniers qui ont la charge d’assurer une fin de vie conforme aux équipements qu’ils ont mis sur le marché, transfèrent à Ecologic leur responsabilité règlementaire. Cela confère à Ecologic la mission d’organisation (financement, pilotage et contrôle) des réseaux de collecte et de traitement des DEEE, mais aussi de prévention et de sensibilisation aux enjeux du recyclage..  Ecologic est donc une société de droits privés à but non lucratif qui agit dans l’intérêt général. L’éco-contribution reversée à Ecologic par nos + de 1 200 producteur-adhérents permet de financer une filière de qualité. Nous sommes 30 personnes à Ecologic pour faire grandir les projets.

 

Qu’est-ce qu’on appelle un DEEE ?

C’est une bonne question car si la notion est clairement définie dans la réglementation, elle  n’est pas encore bien assimilée par le grand public. Un DEEE est un équipement électrique ou électronique (EEE) arrivé en fin de vie. Un EEE est tout simplement un appareil qui fonctionne avec un courant électrique via un câble d’alimentation, d’une pile ou encore d’une batterie.  À la maison, nous avons beaucoup de petits appareils ménagers tels que les télécommandes, les réveils, les rasoirs, les souris d’ordinateurs ou les jouets d’enfants. Les gros appareils ménagers comme les machines à laver, les micro-ondes, ou les frigos sont également des EEE. En fin de vie, la réglementation classe ces équipements en 11 catégories de déchets.

 

 

Où est-ce que nous pouvons déposer nos appareils électriques et électroniques ?

Nous avons 4 500 points de collectes sur tout le territoire (voir : notre site). Vous les trouvez facilement dans les réseaux de distribution (grandes surfaces, super marchés, magasins spécialisés). Nous travaillons beaucoup à faire connaître ces distributeurs et nous voulons vraiment développer le réseau de proximité pour les appareils ménagers. L’objectif est de simplifier et de rendre ordinaire la démarche du tri. Vous pouvez également les déposer dans une société issue de l’Économie Sociale et Solidaire Ressourceries, Recycleries, ainsi que le Réseau Envie ou Emmaüs par exemple. La déchètterie est également une des solutions. Enfin, sachez que si vous achetez un nouvel appareil, vous pouvez redonner l’ancien au distributeur. Une chose est sûre, il faut prendre le réflexe de ne plus jeter à la poubelle ses équipements électriques.

 

 

Qu’est ce que vous faites pour sensibiliser les citoyens aux gestes de tri ?

Le citoyen est le premier maillon de la chaine de recyclage des DEEE. Il est donc fondamental qu’il soit sensibilisé aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux de la filière DEEE et qu’il soit informé de l’existence et de la localisation des points de collecte. Ce sujet est essentiel et nous nous efforçons de trouver des solutions. Il y a tant à faire. Nous travaillons activement avec nos collaborateurs régionaux qui sont sur le terrain et qui ont pour mission le développement de la collecte. Si on veut créer un réflexe dans l’esprit des gens, il faut rendre la collecte accessible à tous, donc la simplifier. Il faut que la démarche devienne « ordinaire » et pour se faire, nous développons de nouveaux réseaux d’apports. D’ailleurs, nous sommes actuellement en phase pilote pour mettre en place l’apport par les employés de leurs équipements électriques, dans leur entreprise. Lieu de passage quotidien, le bureau peut-être une bonne solution comme point de collecte. Ensuite, nous allons probablement développer des partenariats avec des magasins de vente d’occasion tel que Cash Express avec qui nous finalisons des pilotes concluants sur Paris. Dans ce cas, nous sommes directement là, où les gens apportent les biens dont ils ne se servent plus !

 

En matière de communication, que faites-vous pour vous faire connaître et sensibiliser ?

Nous faisons régulièrement des partenariats. C’était le cas en fin d’année avec le Téléthon. Nous avons collecté un maximum de kilos de DEEE auprès des entreprises, ce qui a permis de générer un don au profit du Téléthon. Je dirais que nous avons également une vraie communication de proximité car les collectivités locales, environ 300,  sont un véritable relais d’information sur le geste de tri. Nous avions à cet effet, récompensé  d’un « Trophée du recyclage » en 2014, trois collectivités (Le Sigidurs (95), Le SMitom-Lombric (77) et le Syvadec (Corse)) pour leurs actions d’information, de communication et de sensibilisation.  Nos sites web sont bien entendu d’excellents outils de communication pour faire connaitre la filière, les enjeux associés et partager les bonnes pratiques. Nous avons également compris l’importance des réseaux sociaux et nous saisissons cette opportunité pour communiquer et promouvoir le geste de tri.

 

Que deviennent nos DEEE une fois collectés ?

Pour être recyclés les DEEE passent par différentes étapes :

  • La dépollution : démantèlement des appareils puis retrait manuels des éléments polluants (toners, condensateurs…) et, notamment pour les gros électroménagers froid, vidange et broyage dans un espace confiné.
  • Broyage tri-matière : cela consiste en une opération de séparation des matières sur un tapis de convoyage, en quatre étapes.
  1. Overband : séparation magnétique des métaux ferreux
  2. Tri optique : séparation des cartes électroniques
  3. Courant de Foucault : séparation des métaux non-ferreux (cuivre,…)
  4. Flottation : séparation des plastiques

Les matières récupérées partent ensuite en affinage afin de pouvoir être réinjectées dans un circuit de production de nouveaux équipements.

Il faut savoir que 99,9 % de nos tonnages collectés sont recyclés en France, 100 % au sein de l’Union européenne.

Substances réglementées contenues dans les DEEE. 

 

En tant qu’éco-organisme, vous avez, je suppose des objectifs à atteindre ?

Tout à fait. Mandatés par les Pouvoirs Publics, nous répondons à un cahier des charges très précis. Nous avons été   réagréés en décembre dernier pour la période 2015/2020 pour la gestion de la filière des DEEE ménagers. En ce sens, nous devons multiplier par deux la collecte des flux totaux pour 2020. Le développement de la collecte par de nouveaux réseaux de collecte, complémentaire du réseau traditionnel en ressourcerie, en magasins ou en déchetteries, sera également un objectif à atteindre (10% du volume total passera par ces nouveaux réseaux dès 2015). Nous devons aussi remplir des obligations sur le taux de revalorisation, sur la communication et l’information, sur les relations avec les opérateurs, sur les contrôles et audits de nos prestataires. Nous suivons des règles strictes pour garantir une filière de qualité.

 

 

Ecologic est-il un vecteur d’emplois ?

Directement non, mais indirectement oui. En 2005, avant la création de la filière DEEE et des éco-organismes, la France ne recyclait pas ses DEEE. A présent, il existe 196 sites de traitement sur tout le territoire national, qui emploient localement près de 4 000 personnes dont  1 500 dans l’ESS ! En effet, nous travaillons avec 14 prestataires de l’ESS à qui nous confions 30 % de nos tonnages. D’ailleurs, nous venons de signer une convention avec le Réseau des Ressourceries. Nous allons pouvoir leur donner accès aux gisements des DEEE pour qu’elles puissent développer le réemploi et sensibiliser aux démarches de tri.  Nous sommes donc au cœur d’une filière qui participe activement à la création d’emplois non-délocalisables.

 

Quels sont les projets pour 2015 ?

Nous allons tout mettre en œuvre pour développer un réseau de proximité afin de faciliter le geste de tri et ainsi tenir nos objectifs ambitieux de collecte. Nous lançons également de nouveaux projets visant à développer la collecte spécifiques des petits appareils en mélanges (PAM). Enfin, à la fin de l’année nous espérons être de nouveau agréés pour la gestion des DEEE professionnels pour lesquels nous avons travaillé d’arrachepied avec toutes nos équipes pour apporter des solutions pertinentes aux détenteurs.

 

Question bonus. Qu’est-ce que vous retenez de votre expérience dans un éco-organisme ?

C’est sans aucun doute l’une des plus enrichissante. C’est très dynamique, il y a toujours des projets avec l’envie de faire avancer les choses tout le temps. Le fait de travailler avec autant de prestataires/ partenaires (distributeurs, opérateurs, recycleurs…), est un avantage considérable car des idées innovantes émergent. Nous prenons le temps de réfléchir pour faire éclore et progresser des solutions. C’est vraiment très enrichissant.

 

Merci Ludovic et bon courage pour la suite !
Ecologic

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